La Lettre électronique de Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret
Numéro 814 du 11 janvier 2021
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Démocratie

La réalité dépasse souvent la fiction. Aucun cinéaste, sauf erreur de ma part, n’avait encore imaginé le Capitole investi par des centaines de « cinglés » qui n’étaient pas de doux dingues, mais des représentants de mouvements extrémistes, ouvertement racistes, que dès l’origine Donald Trump avait choisi de flatter, d’exciter et qu’il a fini – point culminant de sa croisade – par pousser à l’insurrection.
Ces images resteront. Nous nous souviendrons, en même temps, que la démocratie a tenu bon, que pas un seul tribunal n’a accordé de crédit aux tonitruantes accusations de tricheries et que le vice-président de Donald Trump a lui-même proclamé l’élection de Joe Biden.
Oui, la démocratie a tenu bon, mais on ne peut méconnaître qu’une fois encore, car c’est loin d’être la première fois, elle a désigné des personnes susceptibles de tenir des propos et d’avoir des attitudes contraires à ce qu’elle est, et même de se retourner contre elle.
Oui, la démocratie a tenu bon. Mais comment ne pas voir qu’elle a besoin d’être constamment défendue. Car elle ne va pas de soi, comme le montrent l’histoire et la géographie de notre monde. L’éducation doit apprendre la vertu démocratique, ici et partout, afin qu’aujourd’hui et demain cette vertu – n’ayons pas peur du mot – prévale et l’emporte sur toutes les formes de dictature, mais aussi de complotisme et de fanatisme.
JPS
Vaccins

Je l’ai déjà écrit. Si minuscule qu’il soit, le virus de la Covid-19 vient ébranler nos certitudes prométhéennes. Cette pandémie ne doit toutefois nous conduire ni au nihilisme ni au renoncement. J’ai la certitude que la science et la médecine gagneront la partie.
Encore faut-il les y aider.
Je n’ignore rien des jeux politiques. Je sais que l’opposition s’oppose. Je ne prétends pas qu’un autre pouvoir exécutif gérerait forcément mieux, en tous points, une situation inédite et, à certains égards, peu prévisible. Mais enfin… je suis, comme beaucoup de ceux que je rencontre, frappé par les incohérences, les dénégations, les retours en arrière et les contradictions qui prévalent.
Et s’agissant du vaccin, puisque nous savons que la vaccination massive est le remède le plus sûr, je souscris pleinement à la demande qui a été faite par mes amis Patrick Kanner et Valérie Rabault (dans le texte qu’on lira ci-dessous) au Premier ministre, Jean Castex, regrettant la lenteur dans la mise en œuvre de la stratégie vaccinale, lui demandant de venir s’en expliquer devant le Parlement et de prendre les mesures qui s’imposent. Et je souscris aussi aux propos d’Axel Kahn qui préconise d’apporter aux personnes hésitantes « la vérité et la transparence, mais également l’enthousiasme. »
De nombreux élus locaux de toutes tendances, dans les communes, les départements et les régions ont dit être prêts à apporter leur concours et celui de leurs collectivités pour mettre en œuvre concrètement ces vaccinations si nécessaires.
Il faut enfin qu’ensemble l’État et les collectivités locales mettent en œuvre au plus vite l’organisation la plus efficace possible pour faire face à ce grand défi de santé publique que nous devons impérativement relever.
JPS
International
Biens mal acquis (suite) : il y a urgence
 
Je ne saurais que trop recommander la lecture de l’article d’Alain Guillemoles, publié dans La Croix du mardi 5 janvier (lien ci-dessous).
Il y traite des « biens mal acquis », autrement dit de la corruption internationale qui se traduit chaque année par une perte, pour les pays les plus pauvres, de vingt à quarante milliards de dollars (seize à trente-trois milliards d’euros).
Il y rappelle que le Sénat a voté à l’unanimité le 2 mai 2019 une proposition de loi, dont je suis l’auteur, prévoyant la création d’un fonds pour que le produit des avoirs confisqués en France par la Justice soit restitué non pas aux gouvernements des pays concernés, mais aux populations spoliées.
En dépit de l’engagement du gouvernement de faire en sorte que le dispositif prévu, éventuellement amendé, soit adopté dans la loi de finances pour 2020 (soit en décembre 2019), ce n’est pas encore fait.
C’est la raison pour laquelle, après avoir évoqué la question en séance publique, je dois rencontrer prochainement le garde des Sceaux à ce sujet.
Il y a urgence en effet.
L’article d’Alain Guillemoles montre ainsi que d’autres pays – comme la Suisse – sont plus avancés que nous sur ce sujet.
Il montre aussi qu’il y a urgence.
Une affaire de « biens mal acquis » arrive en effet en fin de procédure judiciaire en France, celle qui concerne le fils du président de la Guinée équatoriale, Theodirin Oblang. Si la Cour de Cassation suit le tribunal de Paris, la confiscation de ses biens en France, estimée à 150 millions d’euros, deviendra définitive. Et comme le dit l’association Transparency International qui se bat depuis des années sur ce sujet : « Il y a urgence à avoir, en France, une loi sur le retour des biens confisqués. Sinon, […] ce sera une double peine pour la population de Guinée équatoriale qui a déjà été spoliée une première fois par ses dirigeants. »
JPS
 
Éducation
Accueil des élèves en situation de handicap
au sein des établissements scolaires

Par une question écrite, Jean-Pierre Sueur avait interrogé le ministre de l’Éducation nationale à propos de l’accueil des élèves en situation de handicap au sein des établissements scolaires.
Jean-Michel Blanquer vient de lui répondre.
>> Lire la question et la réponse
Orléans
La Maison de Justice et du Droit d’Orléans a vingt ans
Je me souviens que lorsque la Maison de Justice et du Droit (MJD) a été créée à Orléans La Source, il y a vingt ans – j’étais alors maire d’Orléans –, il y avait un certain scepticisme quant à cette nouvelle institution, certains n’imaginaient pas en effet qu’on pût recevoir les justiciables en d’autres lieux que dans les palais solennels, entre d’impressionnantes – et intimidantes ! – colonnades.
Vingt ans après, ces craintes sont largement balayées. Grâce au dynamisme de sa directrice, Monique Ménissier, – qui vient de passer la main tout en restant présente à temps partiel –, et aux nombreux organismes, associations, professionnels et bénévoles qui y proposent des services diversifiés, adaptés, répondant aux attentes de nos concitoyens, le succès est considérable : 28 000 personnes se sont adressées à la MJD en 2020 !
Il faut dire que la MJD rayonne sur tout le Loiret puisqu’on peut y avoir accès – par visioconférence – depuis quatorze communes du département.
Il était très judicieux que, compte tenu de son succès, la MJD bénéficie pour son vingtième anniversaire de nouveaux locaux mis à disposition par la ville d’Orléans, facilement accessibles, face au centre commercial de La Bolière, près d’une station de tram.
La MJD pourra ainsi encore mieux jouer son rôle qui consiste à rendre la Justice plus facilement accessible à tous, dans de meilleures conditions.
Sous réserve, toutefois, que le ministère de la Justice lui apporte les postes et les moyens que justifient son utilité et son efficacité, désormais pleinement reconnues.
JPS
Jean-Pierre Perrin

Jean-Pierre Perrin, qui vient de nous quitter, était un infatigable défenseur de la cause des immigrés en situation difficile. Il a créé, en 1983, l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (ASTI) d’Orléans, dont il fut le premier président. Il était aussi très attaché à son quartier des Blossières, où il défendait inlassablement  la participation des citoyens. Il a défendu ces causes dans de nombreux ouvrages. Même s’il y eut entre nous des désaccords politiques, le dialogue n’a jamais cessé au sujet, notamment, de nombreuses situations difficiles que nous avons cherché à régler. Je lui exprime toute ma reconnaissance pour la force de ses convictions. Je pense à ses proches et à tous ceux qui ont partagé ses engagements, durant toute son existence.
JPS
Loiret
Belle de Grignon par Denis Godeau
Ce fut d’abord une aventure. Ce fut un défi, qui a été relevé en une dizaine d’années par Denis Godeau, ancien conseiller général du canton de Lorris et, avec lui, autour de lui (car Denis n’aime pas le « culte de la personnalité ») par toute une équipe et qui a consisté à construire, dans le site remarquable du port de Grignon, sur le canal d’Orléans, une péniche de vingt-sept mètres de long, reproduisant le modèle des « flûtes berrichonnes » dans toutes les règles de l’art – en un mot, de façonner une belle œuvre : un chef d’œuvre !
Inoubliable fut la mise à l’eau, les 8 et 9 septembre 2018, de la péniche, baptisée « Belle de Grignon », devant des foules enthousiastes.
C’est cette histoire que nous conte Denis Godeau dans un très beau livre, richement illustré, bien mis en page et dont les titres de chacun de chapitres sont joliment calligraphiés.
Le livre montre combien cette aventure fut aussi la recherche et la restitution d’un très riche patrimoine, celui des mariniers et des canaux (dont un échantillon de chansons est, en outre, offert).
On y retrouve le vocabulaire de la batellerie, décrivant toutes les tâches, du précieux travail du bois au calfatage en passant par la corderie… et tant d’autres tâches qui sont des « témoins du passé pour l’avenir » – pour reprendre le titre de l’un des chapitres.
L’avenir, justement, c’est la réouverture progressive à la navigation de ce canal d’Orléans qui fut durant des décennies un « bel endormi », bien délaissé. Ce sera, je n’en doute pas, grâce à l’appui de la Région, du Département et des communes et communautés de communes concernées, un canal à nouveau vivant, un bel atout touristique.
Et la « Belle de Grignon » aura été décisive pour ce réveil tant attendu, cette vie nouvelle qui commence.
JPS
  • Le livre Belle de Grignon peut être acquis au prix de 30 € (port compris) auprès de : Maison des loisirs et de la culture, chez Denis Godeau, 92 route de Grignon, 45260 VIEILLES-MAISONS-SUR-JOUDRY. Ou à l’adresse : belledegrignon@orange.fr.
 
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